Histoire et patrimoine - Freissinières

La notoriété de Freissinières n’est plus à faire. Chaque année, plusieurs milliers d’amoureux d’une nature riche et préservée, de passionnés d’histoire vaudoise et de culture diversifiée, de familles ou de sportifs à la recherche de grands espaces, se rencontrent au coeur de la vallée de
Freissinières.

Constitué de 13 hameaux et suivant le cours de la Biaysse, le village s’échelonne ainsi entre 1180 m et 1780 m d’altitude. Bordée de mélézins, de sapins et de pins au sud, la vallée s’étire au nord par un versant rocheux et aride.

Le nom de Dormillouse vous évoquera indubitablement un souvenir, une image ou une inspiration? Seul hameau habité à l’année dans le coeur du Parc national des Écrins avec quelques maisons traditionnelles entourées de vastes étendues sauvages, à la faune et flore exceptionnelles et protégées. La générosité de Dormillouse coupe le souffle à tous les amateurs d’authenticité et de sérénité avec un panorama imprenable. En 1825, ce petit village abritait également une École Normale dans la maison du célèbre pasteur Félix Neff.

La Vallée vous accueille toute l’année pour découvrir ses merveilles (les lacs d’altitude de Palluel et Faravel, le lac des Lauzes, ses pâturages d’estive, le Gouffre du Gourfouran), ses di- verses activités (VTT, via ferrata, pêche, escalade, randonnée, trail, ski nordique, raquette...) et ses splendeurs fantastiques.

Freissinières, une vallée refuge au plus proche de la nature, une histoire riche et tumultueuse
"... Le soleil qui se couche, l’ombre inquiétante des falaises de Gramusat enveloppe peu à peu la vallée de la Byaisse. Lourde de secrets, lourde d’une histoire tourmentée, rien, depuis la vallée de la Durance, ne laisse soupçonner que là, derrière une austère muraille piquetée de genèvriers thurifères, des communautés s’accrochent aux terres cachées qui les ont vu naître ..."

(Extrait d'un écrit traitant de la commune de Freissinières)

En effet pour le voyageur d'aujourd'hui qui suit ce grand axe haut alpin qu’est la nationale longeant la Durance, Freissinières n'existe pas. Comment pourrait-il se douter qu’à 7 kms à peine, un bout de monde existe.
La Commune de Freissinières, qui occupe la plus grande partie du vallon suspendu de La Biaysse s'étend dans la zone périphérique et la zone centrale du Parc National des Ecrins.

Freissinières est une des plus longue vallée suspendue de l'arc alpin (20 km).
Située à 1200m d'altitude sur la rive droite de La Durance, la vallée de Freissinières est enserrée par une ceinture de crêtes rocheuses culminant à 3200m.

De magnifiques cascades confluent pour former la Biaysse qui parcourt toute la vallée, en sort par le verrou glaciaire de Palon, avant de se jeter dans le gouffre de Gourfouran pour rejoindre la Durance 200m plus bas.
Lors de son parcours dans la vallée, elle traverse trois catégories de paysage :
- Le seuil de Dormillouse vers le vallon de Chichin qui culmine à 2700m au Col de Freissinières, reliant Freissinières au Champsaur.
- Une partie resserrée, appelée la Combe, peu habitée et de caractère austère.
- La plaine, résidu d'un ancien lac alluvionnaire avec une montée vers le col d'Anon où s'accrochent la plupart des hameaux.

Habitat et histoire de la commune de Freissinières
La vallée abrite une succession de 13 hameaux allant de Pallon, au début de la vallée, à Dormillouse situé à près de 1800m d'altitude.
- Pallon : à l’entrée de la vallée avec ses maisons typiques, son temple et son cimetière.
- Le Plan : 1 four banal.
- Les Ribes : qui est le lieu de passage pour rejoindre le fond de la vallée avec son moulin à huile de noix et à grains.
- Ville : où se trouve la mairie, l’école et l’église.
- Les Meyries : 1 four banal composé de pierres et non pas de briques.
- Les Houdouls.
- Maison neuve : avec une très belle ferme.
- Les Roberts : 2 fours banaux
- Les Fazis.
- Les Aujards : magnifique vue sur la plaine.
- Les Viollins : C’est le hameau le plus jeune de la vallée, avec un temple et des maisons traditionelles.
- Les Mensals.
- Dormillouse : perché comme un nid d’aigle, sans électricité et accessible uniquement après 45mn de montée. Son temple, la maison dite de Félix Neff, abrita la première école normale de France en 1825.

Si Freissinières comptait vers 1850 près de 1000 habitants, le 20ème siècle a vu fondre cette population qui ne compte plus que 180 habitants aujourd’hui.

L'histoire de Freissinières est principalement liée à sa situation géographique, c'est à dire celle de vallée refuge. Les traces de vie humaine remonte à l'âge de bronze (un certain nombre de documents de cette époque ont été retrouvés et sont visibles au musée de Gap).
Les Lombards au VIème siècle et les sarazins au VIIIème ont marqué la commune de leur passage.
Mais l'histoire de Freissinières est surtout liée à celle du mouvement vaudois qui y trouva refuge à la fin du 13ème siècle. Ce mouvement religieux qui s'établit dans plusieurs vallées alpines resta très vivace à Freissinières et au 16ème siècle, s'intégra à la réforme protestante.
Les troubles de guerre de religion furent particulièrement importants et l'on cite volontiers les poursuites, les emprisonnements et exécutions des Vaudois et plus tard des Réformés (A voir: l'exposition sur le sujet au moulin des Ribes).
Avec la Révolution Française et l'Empire, la communauté protestante put vivre en paix et récupéra après le Concordat l'église de Dormillouse pour en faire un temple.
L'histoire retient également la venue à Dormillouse d'un pasteur Genevoix, Félix Neff qui évangélisa les vallées alpines et créa à Dormillouse, "une école normale d'instituteur" dans le bâtiment à côté du temple (A voir: informations sur Felix Neff dans l'exposition du Moulin des Ribes).
La fin du 19ème siècle est surtout marquée par l'immigration, essentiellement vers l'Algérie, où les gens de Freissinières créèrent plusieurs villages et le début du 20ème par la première guerre mondiale qui réduisit sa population.

De tout temps, la vallée a connu une activité essentiellement agro-pastorale. Cependant, comme dans toutes les régions de montagne, l’on y pratiquait de nombreuses activités: tissage, forge, travail du bois...
Aujourd'hui, il reste encore quelques agriculteurs qui travaillent surtout la plaine et un peu les champs vers le Col d'Anon.
Mais, si une population a pu se maintenir, c'est essentiellement grâce à l'activité industrielle qui s'est développée le long de La Durance, à l'Argentière et à La Roche de Rame.
Aujourd'hui, avec le départ de Péchiney, la commune s'est orientée depuis une quinzaine d'année vers l'activité touristique grâce à la qualité de ses paysages et la tranquillité qu’offre cette vallée hors du temps.
Voir aussi :
Le hameau de Dormillouse, au coeur du Parc National des Ecrins